Marie et Jorge pelerins de GIGNAT [ Partie N° 2 ]
- Le Chemin Psychologique :
La préparation du sac à dos, c’est plutôt psychologique parce qu’on veut
porter dans le sac beaucoup plus de choses, tous les « au cas où », cela fait
du bien pour se connaître soi-même, se rire de soi-même et s’accepter.
Parfois, on traverse de paysages très monotones comme la Meseta
Espagnole (ou le Gers, Français), très arides, des champs de céréales
immenses tronçons du Chemin sur lesquels on pense trop : est-ce que j’y
arriverai ? est-ce que je dois abandonner à cause de mes douleurs ?
et les gîtes, est-ce que j’aurai une place pour ce soir ?
La fatigue produit un certain état d’ivresse qui laisse tomber les barrières
psychologiques, elle nous rend plus ouverts et nous partageons davantage
avec les autres pèlerins.
Sur le Chemin, on est plus ouverts aux autres aussi parce qu’on se sent
responsables de son choix de venir sur le Chemin :
chute des barrières psychologiques.
Deux pèlerins Français nous disaient : « on peut se laisser porter par le
Chemin comme un papillon. Laissez-vous aussi surprendre par le hasard
d’un chemin plein de surprises ! Essayez de ne pas planifier, si possible ».
On se découvre en faisant des choses qui nous font honte (manger de la
nourriture trouvée sur le chemin) mais on en rit et on les accepte, on
s'accepte soi-même car il est très important parce qu'on vit 24 heures sur 24
avec nous-mêmes et pendant le reste de notre vie.
Est-ce que vous pouvez imaginer cela?
Une Américaine nous disait : « en ce qui concerne les relations,
j’ai aussi appris que chacun fait son chemin, même si on marche ensemble ».
Cristina, exemple de trop se questionner, une pèlerine Espagnole qui doute
de sa capacité à continuer alors qu’elle pèse 130 kg et elle a marché 22 Km.
Écouter les autres, exercice psychologique, car ils ont quelque chose
d’intéressant à nous dire. On a le temps, on écoute.
On apprend tous de tous.
- Un Chemin Spirituel
Endroit de connaissance de soi-même, Ecole de la Vie, d’apprentissage,
etvoici le plus précieux des contenus de cette causerie.
On comprend le chemin comme une métaphore de la Vie qui nous enseigne
à chaque instant.
Voici les apprentissages que nous transmettaient les pèlerines et pèlerins :
Paul, un pèlerin belge : « l’important n’est pas d’arriver à Compostelle,
le primordial est d’être sur le Chemin ».
« Quand je marche, TOUT EST POSSIBLE », disait une Auvergnate.
Une Italienne : « On rencontre des gens avec les mêmes problèmes que
nous, nos miroirs. On peut se regarder dans ces miroirs ».
ERWAN, un Breton, dit : « J'ai appris à repérer les signes qui sont présents
tout au long du chemin, qu'il faut les prendre en considération.
J'essaye de reconnaître les signes dans la vie de tous les jours
mais il n'est pas toujours évident “.
En marchant, un Français, une Italienne et un Espagnol se posent la
question : quelle est la vie réelle ? Celle du chemin qui paraît parfaite,
pleine d’harmonie et presque idyllique, ou celle qu’on mène au quotidien ?
Même il y a un des trois qui a peur de rentrer chez lui.
Les trois arrivent à une conclusion : « le chemin est une vie plus vraie
et réelle car on enlève sa propre carapace donc
on est tous plus vrais, plus réels.
Alors que nos viesqu’on mène chez nous sont plutôt
imposées et fausses ».
Mirco, Italien : « il ne faut pas aider celui qui ne le demande pas ».
Le Chemin donne tout ce dont tu as besoin.
Demandez et vous recevrez !
(Attention ! J’avais demandé un billet de 500 euros…).
On a beaucoup entendu dire : « Il existe une connexion invisible entre les
êtres humains ». Un sacristain de 75 ans disait : « peut-être DIEU est ces
connexions d’esprit entre nous tous, pour cela sur le chemin, on se sent
connecté à la Vie ». Le même sacristain disait : « dans le silence et la
solitude se trouve tout l’essentiel de la vie ».
Nous cherchons des points d’union avec les autres.
Discuter plutôt que disputer.
Un Espagnol dit : « En réalité, ici on comprend qu’il n’y a pas de
nationalités, pas d’âges, pas de couleurs de peau, pas de religions,
pas de hiérarchies.
ON est tous PELERINS.
Michel un Auvergnat : « Il se produit sur le chemin une perte de la notion du
temps. Seulement existe le cycle des jours et des nuits.
La journée comme la seule mesure du temps ».
Claudio, un Espagnol, avait fait le chemin 4 années consécutives :
« parce que j’ai un tel SENTIMENT DE LIBERTÉ…».
A SUIVRE
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